Le Lyannaj
au Centre Intermondes
avec Marcel Rapon

Intro Marcel

15/10/2020

Centre Intermondes

Plaisir de présenter à nouveau Marcel Rapon – seconde résidence à Intermondes.

Penser le 3ème millénaire et révéler la dimension caribéenne de La Rochelle (comme il l’a fait dimanche dernier lors d’une présentation au musée du Nouveau Monde).

Son intervention aujourd’hui sera double et placée sous le signe d’une démarche créole : le lyannaj.

Si le mot n’existe pas dans le dictionnaire, il renvoie pourtant à une réalité : la mise en commun de deux énergies créatrices en une unité profonde et indeffectible. 

Ce lyannaj a commencé lors de la première résidence de Marcel Rapon, suite à sa rencontre avec la plasticienne Hélène Lamarche, dont vous pouvez voir ici certaines de ses réalisations : les cyanotypes brodés. Ces cyanotypes ont donné naissance à des mots et des poèmes ; les poèmes ont engendré des cyanotypes. Le lyannaj était réalisé. Il n’y avait plus qu’à lui donner vie. C’est aujourd’hui la première présentation de ce travail, qui sera par ailleurs bientôt publié par un éditeur de poésie avec lequel Hélène a déjà travaillé. Nouveau lyannaj. C’est ainsi que progresse le lyannaj

Mais avant cela, nous allons assister à la lecture musicale d’un conte poétique rédigé durant cette résidence. Je voudrais juste dire deux mots sur ce conte, dont j’ai eu la primeur de la lecture. En le lisant, j’ai pensé à une réflexion de Lévi-Strauss.

Lors d’un entretien en 2008, Claude Lévi-Strauss répondait à une question de Didier Eribon : qu’est-ce qu’un mythe ? (http://www.deligne.eu/textes/levi-strauss.html)

C.L.-S.: C’est tout le contraire d’une question simple, répondit-il, car on peut y répondre de plusieurs façons. Si vous interrogiez un Indien américain, il y aurait de fortes chances qu’il réponde : une histoire du temps où les hommes et les animaux n’étaient pas encore distincts. Cette définition me semble très profonde. Car, malgré les nuages d’encre projetés par la tradition judéo-chrétienne pour la masquer, aucune situation ne paraît plus tragique, plus offensante pour le cœur et l’esprit, que celle d’une humanité qui coexiste avec d’autres espèces vivantes sur une terre dont elles partagent la jouissance, et avec lesquelles elle ne peut communiquer. On comprend que les mythes refusent de tenir cette tare de la création pour originelle ; qu’ils voient dans son apparition l’événement inaugural de la condition humaine et de l’infirmité de celle-ci.

un mythe donc parle du temps où les hommes et la nature ne faisaient qu’un et n’étaient pas dissociés de façon artificielle et illusoire. Souvenons-nous de La Fontaine

Du temps que les bêtes parlaient,

Les Lions, entre autres, voulaient

Être admis dans notre alliance

Du temps que les bêtes parlaient… c’est de ce temps-là que nous parlent les mythes !

C’est dans cette généalogie que se situe la production actuelle de Marcel Rapon – le monde de Wakananlo

Dans le monde de Wakananlo chaque nouvel Horizon avait simplement été une pièce ajoutée au puzzle de la naissance. 

C’est ici d’un mythe fondateur, relu par la contemporanéité, dont il sera question. Un mythe donc, qui nous plonge dans un temps de fondation et de genèse, pour agir dans le présent et pour le futur pour tenter de résoudre la nouvelle énigme du Sphinx : « Qui donc protège les nés sans Monde ?… ». Telle est bien la question fondamentale que pose ce conte.

Je ne peux pas en dire plus…

Mais avant de lui donner la parole, je veux juste parler d’un nouveau lyannaj, car lors de cette résidence, Marcel a rencontré (grâce au dieu Blablacar) une musicienne, Sophie. Et pour la présentation de certains extraits de ce conte, Marcel a convié Sophie pour l’accompagner avec son saxophone et sa flute…

Share on facebook
Facebook
Share on google
Google+
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn