Qui sommes nous ...

Association Loi 1901 Concepteur-Réalisateur, Marcel François RAPON Présidente de l’Association, Solange MONTLOUIS-FELICITE Ouboutou Morne Amérindien, Thierry L’ETANG Ouboutou Morne Conquistador Félix-Hilaire FORTUNE

L’association compte une soixantaine de membres adhérents et plus de 300 sympathisants dans la Caraïbe (Dominique, Guadeloupe, Guyane) & ailleurs ( Polynésiens, Etudiants Erasmus : Allemagne, Angleterre, Canada, Portugal)

Le projet de Karisko vise à créer les conditions d’une appropriation par les martiniquais d’une filiation à l’histoire amérindienne de la Martinique.

Trois niveaux d’actions sont envisagés par Karisko :

Au premier niveau, Karisko fait revenir l’histoire amérindienne au présent à travers des manifestations culturelles et sportives populaires, des actes symboliques, une familiarisation avec des mots de vocabulaire amérindien.+

Manifestations culturelles : spectacles, danses, théâtre, récits mythiques, expo et conférences.

Manifestations sportives : les jeux banaré, raids, kanawathlon et expéditions

Actes symboliques : Karisko a milité et obtenu que la mairie de Sainte-Marie fasse don (rétrocession) d’une parcelle de terre aux Amérindiens de la Caraïbe, dont les Kalinago de la Dominique (les héritiers directs des derniers Amérindiens de la Martinique chassés en 1658). Karisko a transporté à la Martinique deux kanawa (pirogues) qui ont été construites par les Kalinas de Guyane. Les premiers entraînements sur ces kanawa se sont faits à la Martinique dans l’alliance avec les Kalinago de la Dominique et les Kalina de Guyane.

Resémantisation à la Martinique de mots de vocabulaire amérindien : Ouïcou (fête au cours de laquelle sont débattues des questions d’intérêt général)/Ouboutou : chef d’équipe/ banaré, relation de compagnonnage/ kanawa, canoë de type pirogue/ Banaré : rite d’amitié entre deux individus par échange de noms, etc…

Au second niveau, Karisko accompagne un projet scientifique mené par un archéologue et des anthropologues. Ce projet met en place une pratique qui vérifie des hypothèses de travail sur la diffusion culturelle entre les côtes Nord de la Martinique et les côtes Sud de la Dominique, une étude entreprise depuis quatre ans par l’archéologue Benoît Bérard, chercheur au CNRS et enseignant à l’Université Antilles Guyane et par une équipe de chercheurs internationaux.
Ce projet scientifique a débouché sur une autre aire de recherches autour d’une tentative de recréation des conditions de navigation amérindienne et de son exercice. C’est le projet Youmoulikou

IOUMOULICOU : MOTIFS DU PROJET
Ouboutou: l’archéologue Benoît Bérard

Deux kanawa ainsi que leurs pagaies ont été construites par des experts Kalina-Teleuyu guyanais qui ont participé tant à la formation des équipages qu’à la traversée elle-même. Les embarcations, des pirogues monoxyles à fargues de 18 et 16 m de long sont capables d’accueillir environ 25 pagayeurs chacune à l’image des embarcations de prestige des grands capitaines caraïbes.

Pour la première fois depuis près de trois cents ans, une de ces embarcations fendra la mer des Caraïbes pour une expérience humaine et scientifique unique dont la valeur didactique sera forte tant pour le public que pour les participants ou pour les chercheurs.
Toutes les phases de l’opération, du rituel d’abattage des arbres à la traversée en passant par la construction des pirogues et la formation des hommes, ont été filmées afin d’en fixer le contenu didactique et d’en assurer les répercussions auprès du grand public.

Sur le plan scientifique, ce projet permettra de relever en Dominique les zones probables de « terrissage » des embarcations amérindiennes ayant au cours des deux derniers millénaires traversée le bras de mer séparant les deux îles.
Cette réalisation concrète d’une traversée en pirogue monoxyle permettra d’amender des données expérimentales.

Au troisième niveau, les deux kanawa ayant été rapatriées à la Martinique en décembre 2007, a commencé à prendre corps, une dimension sous-jacente du projet à travers la formation d’équipages pour la pratique de la navigation kanawa.

“On ne naît pas Caraïbe, on le devient “. (Thierry Létang, anthropologue)
L’effort de cette nouvelle pratique sportive double la volonté culturelle et l’incarne.

2007 : Initiation à la navigation kanawa.
2008 : Entraînement régulier mercredi et samedi. Premiers évènements de cette navigation.

Cette pratique sportive renforce l’implantation sociale du projet :

Elle implique des acteurs, des partenaires.

Elle entre dans des relais sociaux (Partenariat avec le Collége Saldès de la ville de Sainte-Marie pour impliquer les élèves en difficulté d’une SEGPA : projet de navigation kanawa).

Elle préfigure une offre sportive nouvelle et trouve sa place dans l’offre nautique qui se développe à la Martinique.

Elle propose de nouvelles offres touristiques.

Elle propose des Championnats Inter-Universitaires permettant la rencontre de jeunes Etudiants de la Caraïbe et du reste du monde.

Elle renforce le plan symbolique: 2008 et le Challenge des Karayib des 22 et 23 Mars a précédé l’évènement Youmoulikou du 2 au 3 Mai, qui doit permettre au premier équipage confirmé des kanawa de se lancer sur la traversée de la Martinique à la Dominique. Youmoulikou en 2008 est le premier volet de l’opération fondatrice de Kytangomingo Ema (Chemin des ancêtres) qui verra les kanawa en 2009, ouvrir la traversée de la Martinique à Porto-Rico et en 2010, de la Martinique au Venezuela.
Remonter les routes amérindiennes, c’est rouvrir les barrières hérissées dans la Mer Caraïbe, c’est instituer l’espace libre, ouvert à l’échange multiculturel et dans la diversité. C’est aussi, se réapproprier la route maritime qui a permis la naissance de la Civilisation Caraïbe depuis plus de 2500 ans.